

public ennemies est un crève coeur, c'est un film qui avait tout pour devenir un chef d'oeuvre mais qui finalement se révèle être une grande déception.
Pour Michal Mann ce film est un échec artistique.
on est toujours plus dur avec les grands auteurs surtout lorsqu'ils touchent à leur genre de prédilection, là ou ils ont déjà excellé.
Deux choses tuent ce film: le choix de la caméra numérique et la comparaison avec Heat.
Le choix de la caméra numérique peut sembler logique, Mann continue avec ses expérimentations visuelles qui avaient marqués Miami Vice.
Il est fasciné par la définition de l'image, cela a touché son style de mise en scène qui est de plus en plus documentaire. Mann n'a qu'un but nous mettre au coeur de l'action, c'est ce qu'il a fait avec Miami vice et c'est ce qu'il fait ici avec Public Ennemies.
la mise sen scène caméra à l'épaule et la photo crue, nette, réaliste.
Voila pour les intentions, le résultat lui se révèle catastrophique.
L'image est tout simplement horriblement moche et donne au film un coté cheap (pas génial pour un blocbuster à 100 millions!)
on est même proche de l'immonde dogma de Lars von trier.
cette image naturaliste ne colle pas aux fond classieux de ce film d'époque, cela fait trop moderne.
un film de gangsters situés dans les années 30 renvoient à une tradition cinématographique prestigieuse.
Au lieu de nous mettre dans le film, sa photo nous fait ressortir et l'on se rencontre que l'on regarde des acteurs et qu'au fond tout cela n'est qu'un film.
D'autant plus que Mann continue avec son joujou et s'amuse à changer les filtres de l'image, à mettre parfois du grain sans que cela ne serve à rien.
Le réalisateur a là commis le pire crime de sa profession, il est comme un marionnettiste qui a montré les fils, il ne s'est pas fait oublié.
une scène illustre l'échec formel du film, la scène de la fusillade dans la foret, au lieu d'être iconique, Mann change encore une fois de photo et le résultat est catastrophique, c'est tout simplement immonde de laideur, on a l'impression d'être devant un de ces films japonais à petit budget.
Le manque de cohésion visuelle, le choix calamiteux de la dv qui font que tout les acteurs sont laids dans ce film, les expérimentations répétés, inutiles et surtout dérangeante désignent un coupable pour cette échec: Michael Mann.
Un réalisateur qui part en vrille, un conseil lâche cette caméra, Michael, elle te rends fou, on sait que c'est joli et que tu peut faire plein de trucs avec, mais c'est juste pas bon pour toi.
Si seulement la caméra était le seul problème...
Ce qu'il y a de plus cruel c'est que les acteurs sont bons, on apprend plein de choses sur la création du fbi, les dialogues sont bons, le scénario est très intéressant , mais mis à part le contexte, le film est la photocopie thématique de heat. Le gangster au grand coeur amoureux d'une fille bien et qui prépare son dernier coup, le flic implacable etc...
tout cela Mann l'a dejà visité avec Heat, un film supérieure à tout les points de vue.
Le film içi tourne autour de Dillinger, alors que Heat développait aussi le rôle du flic, des hommes de main etc...
En soi, le film est bon, il est très bien filmé, la fin est magnifique, les dialogues, les personnages sont intéressants, le seul problème c'est que ce film est inutile.
il est trop "baroque" et bizarre visuellement pour concurrencer les incorruptibles , ce film ne sera donc jamais un classique et il es trop similaire à Heat et trop inférieure à ce dernier pour avoir une digne place dans la filmographie de Mann.
Cela soulève une question: que va devenir Mann?
les défauts de Miami Vice, les expérimentations visuelles n'imp et une narration confuse sont aggravés dans ce film, son cinéma est désormais malade, il n'y a plus de doute, espérons que la prise de conscience se fasse parce que sinon on aura perdu un autre grand réalisateur.